La présidente exécutive de Banco Santander, Ana Botín, a mis en garde ce mardi contre les risques auxquels l’Europe est confrontée si elle continue à resserrer son cadre réglementaire. Selon le banquier, une réglementation excessive pourrait entraver les investissements, limiter l’innovation et, à terme, ralentir la croissance économique du continent.
Lors de sa participation à la Conférence bancaire internationale à Madrid, en Espagne, Botín a souligné l’importance de parvenir à un équilibre entre stabilité et croissance. “La réglementation tue l’innovation… Nous devons comprendre que si nous ne permettons pas aux entreprises d’innover, nous ne grandirons pas”, a-t-il déclaré.
Dans ce sens, le spécialiste a expliqué que Le contexte actuel impose des exigences accrues aux banques européennes par rapport à ses concurrents aux États-Unis, tant sur le plan réglementaire que fiscal.
Selon le banquier, cette disparité affaiblit la compétitivité du secteur financier européen. Il a noté que les prêteurs américains opèrent avec des exigences de solvabilité plus flexibles.
Il estime donc que l’écart entre les deux marchés pourrait être augmenté de 3,5 milliards d’euros (4 080 milliards de dollars) au cours des trois prochaines années. Chose qui permettrait aux banques nord-américaines d’offrir davantage de crédit aux ménages et aux entreprises.
L’exécutif espagnol a également averti que le manque de croissance pourrait constituer un problème pour la stabilité financière. En même temps, il a insisté sur le fait que Sans avantages, les entités ne peuvent pas se renforcer.
Cependant, tout le monde ne partage pas l’impulsion de Botín en faveur de la déréglementation. Parmi ces personnes figure José Luis Escriva, responsable de la politique monétaire à la Banque centrale européenne (BCE) et gouverneur de la Banque d’Espagne.
L’exécutif a prévenu le mois dernier sur les risques d’un assouplissement des règles dans un contexte de transformation technologique.
Escriva a estimé que l’émergence d’actifs numériques, tels que les pièces stables, représente de nouveaux défis pour la stabilité du système financier. Ces instruments dépendent d’actifs de réserve, tels que les bons du Trésor.
C’est pour cette raison, comme il l’a expliqué, qu’en situation de crise, seules les banques centrales ont la capacité de garantir la liquidité du système en agissant comme prêteurs en dernier ressort.
Parallèlement à ce débat sur les limites de la régulation en Europe, L’Espagne continue de progresser dans la mise en œuvre du règlement MiCA (Cryptoactive Markets) pour la supervision du marché des cryptomonnaies.
Comme le rapporte CriptoNoticias, la Commission nationale du marché des valeurs mobilières (CNMV) a déjà autorisé 45 fournisseurs de services d’actifs virtuels, dont BBVA et Bit2Me, à opérer dans le pays.