Dans le cadre d’une nouvelle politique de tolérance zéro, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières (CANAFE) du Canada révoque les licences des fournisseurs de services de bitcoin (BTC) et de cryptomonnaie, supplantant ainsi des dizaines d’entreprises de services monétaires (ESM) qui ne parviennent pas à s’aligner sur les nouvelles normes de conformité.
L’offensive atteint un point critique le 17 mars, lorsque le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, confirme l’annulation de 23 licences en une seule journée. Cette mesure porte à 50 le nombre total de révocations jusqu’à présent en 2026, dont 47 correspondent exclusivement à des entités liées aux cryptoactifsy compris les bourses, les dépositaires et les opérateurs de guichets automatiques.
La pertinence de ces actions réside dans la rapidité avec laquelle le gouvernement d’Ottawa, la capitale du Canada, a décidé d’agir. Selon le ministre Champagne, ce chiffre record est le reflet d’une stratégie volontariste visant à atténuer les risques de blanchiment d’argent et de fraude.
Aujourd’hui seulement, il y a eu 23 révocations de licence MSB. Cela représente un rythme d’action considérablement accéléré, et notre gouvernement maintiendra cet élan.
François-Philippe Champagne.
Ce resserrement de la réglementation est soutenu par le projet de loi C-12, une mesure législative conçue pour accorder à CANAFE de plus grands pouvoirs d’application et de surveillance. Les pertes enregistrées touchent les entreprises locales, mais aussi les opérateurs internationaux basée en Slovaquie et au Royaume-Uni qui fournissait des services en sol canadien.
Pour les entreprises du secteur, la perte de la licence est généralement l’aboutissement d’une démarche administrative due au manque de données actualisées. Cela peut également être dû à la non-déclaration des transactions suspectes ou, tout simplement, à l’incapacité de répondre aux exigences d’information exhaustives des régulateurs.
Alors que des secteurs du système financier traditionnel applaudissent cette mesure comme une protection nécessaire à l’intégrité du marché, la communauté du bitcoin et des autres actifs numériques observe avec prudence. La principale préoccupation est que ce verrouillage réglementaire limite l’accès aux services légitimes et étouffe les petits opérateurs qui n’ont pas la puissance financière nécessaire pour couvrir les coûts croissants de mise en conformité.
Les entreprises concernées disposent d’un délai de 30 jours pour demander une révision de leur dossier. Cependant, avec la création récente de l’Agence canadienne des crimes financiers et l’augmentation des ressources de la Gendarmerie royale (GRC), le message d’Ottawa est que l’écosystème Bitcoin au Canada a cessé d’être une zone grise et est devenu une zone de surveillance stricte.
Le miroir du Sud : l’alerte au Paraguay
Ce phénomène de pression institutionnelle n’est pas exclusif à l’hémisphère nord. Dans le cône sud, le Paraguay, pays qui émergeait comme le grand refuge régional du minage de Bitcoin et de la liberté financière, est aujourd’hui confronté à un changement de direction similaire à celui du Canada après la mise en œuvre de la résolution générale n° 47/26.
Comme CriptoNoticias l’a récemment rapporté, sous la supervision de la Direction nationale des recettes fiscales (DNIT), le pays sud-américain est passé d’un environnement de portes ouvertes à une surveillance agressive qui nécessite des détails techniques sensibles. Ce Il inclut même le hachage des opérations et des adresses des portefeuilles d’actifs numériques.
Comme au Canada, ce durcissement des régulateurs paraguayens force un exode potentiel d’utilisateurs et d’entrepreneurs vers des juridictions plus compétitives comme le Panama ou le Salvador, transformant une opportunité historique de leadership numérique en un scénario d’incertitude en matière d’immigration.