La Commission européenne envisage une taxe communautaire sur les cryptomonnaies

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La Commission européenne étudie la possibilité de créer une taxe commune sur les actifs cryptographiques dans toute l’Union européenne (UE).

Cela ressort clairement d’un document interne divulgué et révélé par Politico le 29 mai 2026. Le document était connu en prévision des prochaines discussions sur le budget communautaire à long terme.

Le texte offre pour la première fois des détails concrets sur la façon dont Bruxelles évalue la taxation du secteur comme nouvelle source de financement du budget européen. Parmi les options analysées figurent une taxe sur les transactions avec des actifs cryptographiques, ce qui n’est actuellement fait dans aucun pays de l’Union européenne, et une autre taxe sur les plus-values ​​​​réalisées par les investisseurs.

Selon le document, l’alternative qui générerait le plus de revenus serait une taxe sur les opérations réalisées avec les cryptomonnaies.

“Pour une taxe sur les transactions avec les cryptoactifs, l’estimation pour 2025 (…) générerait environ entre 3 000 et 4 000 millions d’euros de recettes annuelles pour le budget de l’UE”, précise la Commission européenne.

La proposition prend comme référence un taux de 0,1% sur la valeur de chaque opération et considère les prestataires de services sur cryptoactifs (CASP) comme points possibles de collecte et de reporting.

Dans le cas d’un impôt sur les plus-values, le potentiel de perception serait moindre. La Commission considère que Cette alternative pourrait générer entre 1 000 et 2 400 millions d’euros par an pour les États membresen fonction des conditions du marché.

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Les Stablecoins seraient laissés de côté

L’un des aspects les plus frappants du document est que les pièces stables utilisées comme moyen de paiement seraient exclues d’une éventuelle taxe sur les transactions.

Le document note que l’imposition des plus-values ​​ne s’appliquerait normalement pas non plus aux pièces stables, en raison de leur nature et de la stabilité de leurs prix.

Malgré les prévisions de revenus, La Commission européenne consacre une bonne partie du document à expliquer les obstacles rencontrés par une initiative de ce type.

L’un d’eux est le manque de données fiables. « Le marché des cryptomonnaies reste impossible à quantifier de manière fiable entre les différents États membres de l’UE », admet le texte.

La Commission reconnaît également que « le potentiel de revenus des deux options sera probablement volatile », tout en avertissant sur de fortes oscillations tant des prix que des volumes échangés.

Un autre défi important concerne le comportement des utilisateurs eux-mêmes. “Le potentiel de revenus serait affecté par le risque de transfert d’activité vers des juridictions hors UE”, prévient la Commission.

Le document ajoute que des opérations économiquement équivalentes pourraient être réalisées en dehors des échanges centralisés, directement dans les protocoles de finance décentralisée (DeFi), qui sont actuellement exclus d’une partie des mécanismes de reporting envisagés par MiCA et DAC8comme expliqué par CriptoNoticias.

De même, la Commission reconnaît que « les utilisateurs pourraient être incités à conserver leurs actifs cryptographiques de manière indépendante dans des portefeuilles numériques en propre, qui sont plus difficiles à retracer ».

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Il sera difficile pour la fiscalité de prospérer

L’avocat spécialisé en régulation financière et actifs numériques, Cris Carrascosa, considère que Le document est pertinent car il représente la première preuve concrète de la manière dont Bruxelles envisage de taxer le secteur.

“C’est la première fois que nous voyons des détails concrets sur la façon dont l’UE envisage de taxer les actifs cryptographiques”, a-t-il noté.

Il a toutefois rappelé que Il n’existe toujours pas de proposition législative formelle et l’initiative se heurte à d’importants défis politiques, techniques et réglementaires.

Parmi eux, il a évoqué la nécessité de l’unanimité entre tous les États membres, la création d’une assiette fiscale harmonisée pour l’ensemble de l’Union européenne et la possibilité qu’une partie de l’activité finisse par migrer vers des systèmes DeFi ou d’auto-garde.

Une vision similaire a été exprimée par Patrick Hansen, directeur de la stratégie et de la politique de la société stablecoin Circle pour l’Union européenne. “Les défis politiques, juridiques et opérationnels importants décrits dans le document me font espérer que la taxation des crypto-monnaies au niveau de l’UE ne deviendra pas une priorité politique à court terme”, a-t-il déclaré.

Hansen a également remis en question les estimations de collecte faites par Bruxelles en raison des changements de comportement que pourrait provoquer une nouvelle taxe.

“Toute taxe cryptographique basée sur les transactions accélérerait probablement la migration vers des canaux non taxés (par exemple DeFi, l’auto-conservation ou des acteurs non européens)”, a-t-il soutenu.

Selon le spécialiste, une partie importante de l’activité pourrait se déplacer vers des alternatives qui sortiraient du champ d’application du système fiscal européen, réduisant considérablement le potentiel de revenus projeté par la Commission.

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Il n’y a pas encore de proposition formelle.

Pour l’instant, l’initiative en est à une phase très préliminaire. Le document divulgué ne constitue pas une proposition législative et tout progrès nécessiterait de surmonter d’importants obstacles politiques et juridiques.

De plus, il ne précise pas comment les bénéfices seraient répartis. Cependant, s’agissant d’une éventuelle « ressource propre » de l’Union européenne, l’objectif serait de financer le budget communautaire. Ce n’est pas encore défini si les États membres agiraient uniquement en tant que collecteurs d’une contribution européenne ou si le nouveau régime coexisterait avec les taxes nationales actuelles sur les crypto-actifs.

Il s’agit notamment de la nécessité d’harmoniser au préalable l’assiette fiscale dans toute l’Union européenne et d’obtenir l’approbation unanime des États membres, une exigence qui a historiquement rendu difficile la création de nouveaux impôts au niveau communautaire.

Pour cette raison, même si le document montre que Bruxelles analyse déjà des mécanismes spécifiques pour taxer les crypto-actifs, Il n’y a toujours aucune certitude que l’une ou l’autre de ces alternatives devienne une loi.

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