Le député républicain Nick Begich a présenté à la Chambre des représentants l’American Reserve Modernization Act (ARMA), une proposition bipartite visant à transformer la réserve stratégique de Bitcoin (BTC) des États-Unis en une législation permanente et à établir un cadre pour la gestion des actifs numériques détenus par le gouvernement. L’initiative a été présentée le 21 mai 2026 en collaboration avec le démocrate Jared Golden.
Le projet vise à assurer la continuité juridique de la réserve créée par décret en mars 2025 et empêcher les futures administrations de revenir sur cette décision unilatéralement. À cette fin, ARMA propose de transférer tous les actifs numériques actuellement contrôlés par les agences fédérales au département du Trésor.
La législation envisage la création d’une réserve stratégique de Bitcoin et, séparément, d’un dépôt destiné à d’autres actifs numériques autres que BTC. De plus, il établit que les bitcoins détenus par le gouvernement Ils doivent être conservés pendant une durée minimale de 20 ans, les ventes n’étant autorisées que dans des circonstances limitées, telles que des mesures visant à réduire la dette publique.
L’ARMA introduit également des audits indépendants, des rapports trimestriels sur les réserves publiques et une surveillance du Congrès. A cela s’ajoute une commande d’étudier les mécanismes qui permettre d’agrandir les exploitations sans augmenter les impôtsémettre une nouvelle dette ou augmenter le déficit.
La proposition récupère des éléments d’initiatives précédentes promues par Cynthia Lummis et Begich, qui proposaient des achats allant jusqu’à 200 000 BTC par an pendant cinq ans, comme le rapporte CriptoNoticias. Cela aurait porté les réserves américaines à 1 million de bitcoins, soit environ 5 % de l’offre totale. Cependant, La version actuelle ne nécessite pas d’acquisitions immédiates et se concentre sur la consolidation et la protection des actifs existants.
Rappelons cependant que Le projet doit encore passer par les commissions législativesvotes à la Chambre et éventuelle conciliation avec le Sénat avant de devenir loi. Par ailleurs, le maintien du bitcoin comme actif stratégique continue de faire l’objet de débats en raison de sa volatilité et des doutes quant à savoir si un actif présentant ces caractéristiques doit être intégré dans les réserves souveraines aux côtés d’instruments traditionnels comme l’or.
Il convient de noter que les États-Unis possède déjà l’une des plus grandes réserves d’État de bitcoin au monde. Les estimations situent les avoirs entre 198 000 et plus de 328 000 BTC, obtenus principalement grâce à des saisies et des procédures judiciaires liées à des affaires telles que Silk Road et le piratage Bitfinex. La valeur de ces réserves s’élève à des dizaines de milliards de dollars.
Pour l’instant, ARMA montre un changement dans le débat politique américain. L’accent n’est plus seulement mis sur ce qu’il faut faire avec les bitcoins saisis, mais sur la question de savoir si ces actifs doivent être intégrés de manière permanente dans la stratégie financière nationale. Si le projet avance, il pourrait atténuer la pression exercée par les ventes gouvernementales et renforcer le discours selon lequel le bitcoin est un actif de réserve souverain, une possibilité que d’autres pays surveillent de plus en plus attentivement.