Tether, la société émettrice du stablecoin USDT, a une nouvelle fois démontré son esprit centralisé. La société a annoncé, ce jeudi 23 avril, le gel de 344 millions de dollars exprimés dans cette monnaie numérique qui ont été déposés à deux adresses spécifiques opérant sur le réseau Tron.
Cette mesure a été exécutée en coordination avec l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor, le Département de la Justice et diverses agences chargées de l’application des lois des États-Unis.
L’objectif principal de l’action était d’empêcher le mouvement de fonds liés aux réseaux criminels et l’évasion des sanctions internationales.
L’élément déclencheur de cette opération a été l’identification d’un comportement illicite après un échange d’informations détaillées de la part des autorités américaines. Selon le rapport officiel de l’entreprise, Les adresses bloquées avaient des liens directs avec des organisations criminelles.
Tether a noté que cette procédure fait partie de sa politique de « tolérance zéro » contre le crime organisé, conforme aux directives de la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN) de l’OFAC.
La société a souligné que, contrairement aux espèces, les réseaux publics offrent une piste visible qui permet aux enquêteurs de marquer les adresses et d’arrêter les actifs avant qu’ils ne soient dispersés. Cette transparence est essentielle pour la stratégie de suivi en temps réel appliquée par l’émetteur du stablecoin le plus valorisé du marché.
Cette action n’est pas un événement isolé, mais s’ajoute plutôt à un historique d’interventions récentes. Le 12 janvier 2026, l’émetteur avait déjà procédé à l’un de ses gels les plus importants sur le réseau Tron, bloquant plus de 182 millions de dollars distribués dans cinq portefeuilles, comme le rapporte CriptoNoticias.
A cette époque, les montants individuels variaient entre 12 millions et 50 millions de dollars, répondant également à des demandes formelles des agences de sécurité dans le cadre d’une enquête en cours.
L’ampleur de la coopération entre Tether et les agences d’État est considérable. Actuellement, le cabinet collabore avec plus de 340 organismes chargés de l’application des lois dans 65 pays et a apporté son soutien dans plus de 2 300 affaires dans le monde.
Historiquement, Ces actions ont conduit au gel de plus de 4,4 milliards USDTselon les propres données de l’entreprise. Sur ce chiffre, environ 2,1 milliards de dollars sont directement liés aux demandes des autorités américaines, notamment à des cas antérieurs de fraude à grande échelle.
Le montant est supérieur à ce que Circle, le diffuseur du principal concurrent de l’USDT, le stablecoin USDC, a gelé. CriptoNoticias a rapporté que, de 2023 à 2025, cette société n’a gelé que 109 millions de dollars exprimés dans cette monnaie numérique.
Bien que ces actions soient présentées comme un outil de lutte contre la criminalité, l’événement réactive le débat sur la nature de l’USDT. Cet actif numérique, contrairement au bitcoin (BTC), s’avère être une monnaie confiscable et centralisée, soumis à la volonté d’un émetteur qui peut bloquer les fonds à la demande d’un gouvernement.
Alors que BTC repose sur la résistance à la censure, les actifs numériques émis par des sociétés privées, telles que Tether, fonctionnent selon un modèle de contrôle qui permet une intervention directe sur les avoirs des utilisateurs.
Cette dernière action réaffirme la tendance à la coopération technique entre émetteurs de monnaies numériques et États. La mesure établit un précédent clair sur la capacité d’intervenir sur les réseaux publics lorsque des connexions avec des entités sanctionnées sont identifiées, marquant une distance définitive entre l’utilisation d’actifs centralisés et l’autonomie offerte par des protocoles décentralisés tels que Bitcoin.