Le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé un investissement de 2 milliards de livres (environ 2,5 milliards de dollars) pour le développement de l’infrastructure informatique quantique.
L’initiative, présentée le 17 mars par le ministère de la Science, de l’Innovation et de la Technologie, vise à ce que le pays déploie ordinateurs et réseaux quantiques à l’échelle nationale d’ici 2030avec des applications prévues dans des domaines tels que la santé et la sécurité. Le gouvernement souligne que l’un des principaux objectifs de ce nouveau plan est de “devenir le premier pays au monde à mettre en œuvre des ordinateurs quantiques à grande échelle”.
Le plan comprend le recours au programme d’approvisionnement « ProQure », conçu pour financer les entreprises qui développent des prototypes fonctionnels ayant la capacité d’évoluer. Dans ce cadre, la participation d’IonQ, une entreprise du secteur quantique, est incluse.
D’après l’annonce, IonQ créera un centre d’innovation quantique à l’Université de Cambridge. L’entreprise travaille avec la technologie des « pièges à ions » basée sur des atomes ionisés en suspension dans le vide, une alternative aux systèmes supraconducteurs utilisés par d’autres entreprises du secteur.
Le budget sera réparti dans différents domaines. Environ 1 milliard de livres sterling seront consacrés au développement de matériel via ProQure, tandis que 500 millions de livres sterling supplémentaires seront alloués aux applications dans les domaines de la défense et des services financiers. 405 millions de livres sterling supplémentaires seront investis dans des capteurs et des systèmes de navigation de haute précision qui ne dépendent pas du GPS.
Le projet également comprend le développement de réseaux de communication considérés comme plus sécuriséscompte tenu des risques que pourrait représenter l’informatique quantique pour les systèmes de chiffrement actuels.
Le pays s’apprête ainsi à être pionnier en la matière, avec le déploiement d’un plan à l’échelle nationale. Une proposition inédite, qui propose l’intégration du quantique en profitant des avancées et des recherches menées à ce jour par les institutions du Royaume-Uni. Il s’agit d’une démarche de leadership qui se distingue par son ambition et sa coordination étatique.
L’intérêt pour la sécurité quantique augmente
La participation d’IonQ à des projets liés à la défense nationale n’est pas nouvelle. En février, l’entreprise a reçu un financement du ministère de la Défense des États-Unis à travers un contrat avec le Laboratoire de Recherche de l’Armée de l’Air (AFRL).
Les spécialistes préviennent que les progrès de cette technologie pourraient creuser les écarts entre les pays.
Lors du Forum économique mondial du 21 janvier, le chercheur John Martinis a souligné que toutes les économies n’ont pas les ressources nécessaires pour se développerr informatique quantique. Ses progrès seraient donc concentrés dans un petit groupe de nations.
Impact sur la crypto et le bitcoin
Les avancées de l’informatique quantique ne se limitent pas à la sécurité nationale : elles menacent aussi directement les réseauxen posant des risques aux systèmes cryptographiques actuels. Dans l’écosystème des cryptomonnaies, ce scénario est associé à ce que l’on appelle le « jour Q », un moment au cours duquel un ordinateur quantique serait capable de violer des schémas tels que la cryptographie à courbe elliptique.
En particulier, dans le cas de Bitcoin, les développeurs travaillent sur des propositions telles que BIP-360, qui introduit le type de sortie P2MR pour réduire l’exposition aux clés publiques. Ces initiatives laissent entrevoir une éventuelle transition vers des mécanismes résistants aux attaques quantiques.
Avec cet investissement, le Royaume-Uni vise non seulement à prendre la tête de la course quantique mondiale, mais également à protéger son économie numérique contre le Jour Q. Le défi sera désormais d’exécuter le plan ProQure et d’attirer les talents nécessaires.