Les États-Unis valident l’utilisation de mélangeurs de cryptomonnaies

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L’administration américaine a formalisé une nouvelle position, à travers un rapport technique envoyé au Congrès en mars 2026, dans lequel elle affirme que les mélangeurs de cryptomonnaies ne sont pas des instruments exclusivement illicites.

Le document admet que dans un écosystème de réseaux d’actifs numériques intrinsèquement transparents, les utilisateurs peuvent avoir besoin de mélanger les services pour éviter d’exposer leur richesse, leurs paiements d’entreprise ou leurs dons de bienfaisance à un examen public continu.

Cette évaluation technique est le résultat direct d’une instruction contenue dans l’article 9 de la loi GENIUS de 2025. Cette législation imposait l’obligation au département du Trésor de rechercher et d’analyser les technologies émergentes qui pourraient être utilisées pour lutter contre le financement illicite dans l’écosystème numérique.

Lors de l’analyse des services de mixage d’actifs, l’autorité financière a opté pour une approche pragmatiqueétablissant une distinction opérationnelle selon qui exerce le contrôle technique sur les fonds.

Dans le premier bloc, il mentionne les mélangeurs de garde, définis comme agissant comme des intermédiaires financiers traditionnels qui prennent physiquement possession des actifs de l’utilisateur. En raison de cette capacité de conservation, le Trésor détermine que ces entités doivent opérer dans le cadre des Entreprises de Services Monétaires (EMS).

Cela implique une obligation stricte de s’inscrire auprès du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), de mettre en œuvre des programmes de conformité, de tenir des registres détaillés des transactions et de publier des rapports sur toute activité suspecte aux autorités.

En revanche, les mixeurs non dépositaires représentent le secteur le plus complexe pour la surveillance de l’État. En fonctionnant comme des protocoles décentralisés, c’est-à-dire en utilisant du code auto-exécutable sans administrateur central, ils ne disposent pas d’un seul point de pression réglementaire.

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Le rapport du Trésor admet que cette nature technique rend difficile l’application des réglementations financières conventionnelles, augmentant ainsi son profil de risque. Le défi est que, puisqu’il n’y a aucune entité pour tenir responsable,Ces outils sont perçus comme des véhicules présentant un plus grand potentiel de contournement des contrôles.

Selon l’analyse du Trésor, depuis mai 2020, des retraits de plus de 37,4 milliards de dollars ont été effectués sur plus de 50 ponts, libellés dans les deux pièces stables ayant la capitalisation boursière la plus élevée. Au cours de la même période, ces mêmes ponts ont reçu environ 1,6 milliard de dollars de dépôts provenant des services de mixage.

Plus de la moitié de ces dépôts (plus de 900 millions de dollars) étaient concentrés sur un pont spécifique, qui a fait l’objet d’un examen minutieux pour ne pas être intervenu dans les transactions effectuées sur la plateforme par la RPDC (République populaire démocratique de Corée, c’est-à-dire la Corée du Nord), alors que des acteurs liés à la RPDC blanchissaient le produit d’un vol d’actifs numériques.

Rapport du Département du Trésor.

Cette perspective contraste avec la rigidité de 2022, lorsque la sanction contre le protocole Tornado Cash a généré un intense débat juridique sur la possibilité de sanctionner le code logiciel ouvert de la même manière qu’une entité physique. Cependant, ce rapport ne représente pas une amnistie. En effet, les poursuites judiciaires contre les développeurs de logiciels pour facilitation présumée du blanchiment d’argent restent actives devant les tribunaux fédéraux, comme le rapporte CriptoNoticias.

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Le Trésor a levé les sanctions contre Tornado Cash en mars 2025 après qu’une cour d’appel fédérale a jugé que l’OFAC avait outrepassé ses limites. Cependant, en août 2025, un jury de Manhattan a déclaré le cofondateur Roman Storm coupable d’avoir exploité une société de transfert d’argent sans licence, bien qu’aucun accord n’ait été conclu sur les accusations et les sanctions pour blanchiment d’argent. Il n’y a pas de décision formelle finale ; Des requêtes post-procès, une éventuelle nouvelle tentative du gouvernement pour des accusations bloquées et un appel de la défense sont attendus.

Confidentialité ou surveillance

Pour résoudre l’impossibilité technique de contrôler les protocoles décentralisés, le Trésor propose une voie législative intermédiaire. Il évoque une « loi holding » qui crée un « refuge ». Ce mécanisme n’agirait pas sur le mixeur lui-même, mais sur les institutions financières (telles que les bourses ou les banques) qui reçoivent ensuite les fonds.

La loi permettrait à ces entités geler temporairement les avoirs suspects lors d’une enquête, protéger l’institution des répercussions juridiques tout en vérifiant si l’origine des fonds est une activité licite de confidentialité ou un flux criminel.

Pour les défenseurs de la vie privée, cette reconnaissance est une étape nécessaire pour harmoniser les droits individuels avec la surveillance de l’État. Au contraire, les critiques et les régulateurs préviennent que la validation des avantages de la vie privée pourrait compliquer le suivi des flux illicites, compte tenu de la sophistication de groupes comme Lazarus.

Le rapport conclut sans reprendre la proposition du FinCEN de 2023, qui cherchait à classer toute transaction mélangée comme un « principal problème de blanchiment d’argent ». Au lieu de cela, le Trésor parie sur un cadre basé sur les risques qui devrait façonner la future réglementation mondiale sur la traçabilité des réseaux de crypto-monnaie.

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