L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a publié le 9 avril la feuille de route cybersécurité de l’État pour 2026-2027, qui comprend un chapitre dédié à la transition vers la cryptographie post-quantique avec des échéances précises pour tous les ministères.
Selon le document, les systèmes d’information qui traitent des données classifiées doivent fonctionner avec une cryptographie post-quantique avant fin 2030et à partir de cette année, seuls les produits de chiffrement intégrant cette protection pourront être déployés.
La feuille de route établit trois étapes avant cette échéance finale :
- Avant fin 2026chaque ministère devra inventorier ses données durables et sensibles pour identifier celles qui nécessitent une protection post-quantique prioritaire.
- Avant fin 2027doit identifier les composants techniques concernés, tels que les systèmes de cryptage et de signature numérique.
- Et avant fin 2030doit achever le déploiement de la cryptographie post-quantique dans tous les systèmes traitant des informations classifiées.
Pourquoi la France agit-elle maintenant ?
Le document de l’ANSSI cite deux raisons d’agir avant que le matériel quantique n’existe. Le premier est le temps nécessaire pour une migration de cette ampleur. La mise à jour de la cryptographie de l’ensemble des infrastructures d’un État est un processus qui, selon le document, “doit être anticipé et démarré dès maintenant”.
Le deuxième est le risque dit «récoltez maintenant, décryptez plus tard» (stocker maintenant, décrypter plus tard) : pratique par laquelle des acteurs malveillants capturent des données cryptées aujourd’hui avec l’intention de les déchiffrer lorsqu’ils disposeront de suffisamment de matériel quantique. Ce risque existe quelle que soit la date d’arrivée du Jour Q.
Avec cette feuille de route, la France rejoint des institutions comme Google, qui a annoncé viser 2029 pour migrer sa propre infrastructure, et le National Institute of Standards and Technology (NIST) des États-Unis, qui a fixé les échéances de migration post-quantique à 2030 et 2035, comme le rapporte CriptoNoticias.