Weiss Ratings, une agence de notation pour les institutions financières, prévoit que le bitcoin (BTC) pourrait trouver un prix plancher entre le 5 et le 7 avril en fonction de l’évolution de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Les spécialistes de l’agence soulignent que la période indiquée coïncide avec ses modèles internes et avec l’évolution de la masse monétaire (M2) au Japon.
Selon la firme, le bitcoin serait proche d’un minimum vers le 5 avriltandis que le suivi japonais M2 indique un niveau similaire vers le 7 avril.
L’hypothèse repose sur une lecture macroéconomique. Weiss maintient que Bitcoin suit de près la dynamique du M2 japonais, une mesure de liquidité qui comprend les espèces en circulation et les dépôts bancaires.
Pour le dire directement, c’est une façon de mesurer la quantité d’argent disponible dans l’économie. Lorsque cette liquidité se contracte, les actifs à risque ont tendance à s’affaiblir ; lorsqu’il se développe, ils récupèrent généralement.
Dans ce cas, l’entreprise interprète que La récente chute du M2 japonais anticipe un plancher du prix du BTCdans une logique où les mouvements de liquidité précèdent ceux du marché.
Le graphique publié par Weiss permet de visualiser cette relation. Trois variables s’y superposent : la ligne bleu clair représente le prix du BTC, la ligne bleue représente la liquidité des banques centrales, et la ligne rouge correspond au M2 du Japon.
Selon les lectures de la firme, BTC a suivi de plus près la trajectoire de cette dernière, ce qui renforce l’idée selon laquelle la baisse de la ligne rouge signalerait un quasi-minimum pour l’actif. Weiss prévient toutefois que cet éventuel plancher ne dépendra pas uniquement de variables monétaires.
Bitcoin attentif à ce qui se passe au Moyen-Orient
L’entreprise relie directement cette fenêtre horaire à l’évolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui traverse un moment critique. Il mentionne en particulier que la période entre le 5 et le 7 avril coïncide avec une date limite politique clé pour que l’Iran progresse vers une sorte d’accord.
Le facteur géopolitique n’est pas mineur. Le conflit impacte directement le marché mondial de l’énergie en raison du rôle stratégique du détroit d’Ormuz, une route maritime par laquelle circule près de 20 % du pétrole mondial, comme l’explique CriptoNoticias. Toute interruption ou menace dans ce corridor tend à faire monter le prix du pétrole brut, ce qui exerce une pression sur l’inflation à l’échelle mondiale.
Ce point est essentiel pour comprendre le lien avec BTC. Le prix élevé du pétrole complique la baisse des taux d’intérêt dans des économies comme les États-Unis, car il oblige les banques centrales à maintenir des politiques monétaires plus restrictives. Une liquidité moindre et des taux élevés se traduisent généralement par une moindre appétence pour les actifs considérés comme risqués, comme la monnaie créée par Satoshi Nakamoto et les cryptomonnaies.
Dans ce contexte, Weiss propose deux scénarios. Si une sorte d’accord est conclu entre les États-Unis et l’Iran, les marchés pourraient réagir par un rebond rapide entraîné par une amélioration des attentes macroéconomiques. Au contraire, si la tension se maintient ou s’intensifie, l’environnement resterait défavorable pour le BTC, même si les modèles techniques anticipent un plancher.
Le cabinet précise également que le minimum prévu pour avril ne marquerait pas nécessairement la fin de la phase corrective, mais plutôt le niveau le plus pertinent identifié jusqu’à présent en 2026. C’est-à-dire qu’il s’agirait d’un plancher tactique, pas nécessairement d’un changement de cycle.