L’établissement financier japonais réalise sa démarche la plus ambitieuse à ce jour dans le domaine des actifs numériques. Un consortium réunissant les plus grandes banques et sociétés de titres du pays prévoit de symboliser les obligations du gouvernement japonais et de régler les transactions à l’aide de pièces stables. Il permettra un règlement instantané 24h/24 et 7j/7 d’ici fin 2026.
LE JAPON METTRA SON MARCHÉ REPO DE 1,6T $ SUR LA BLOCKCHAIN
Un consortium des principales institutions financières japonaises prévoit de lancer la négociation 24h/24 et 7j/7 d’obligations d’État tokenisées d’ici la fin de 2025, a rapporté Nikkei.
Le système émettra des obligations sous forme de jetons de sécurité basés sur la blockchain et réglera… pic.twitter.com/LtHUtX7wF5
– BSCN (@BSCNews) 8 mai 2026
L’initiative cible directement le marché japonais des pensions. Cela représente environ 10 % d’un marché mondial évalué à 16 000 milliards de dollars. Les nouvelles sur la blockchain en provenance du Japon aujourd’hui ne proviennent pas des startups. Cela vient du cœur du système financier traditionnel du pays.
Qui est derrière tout ça et comment ça marche
Le projet est dirigé par le Digital Asset Co-Creation Consortium, exploité par Progmat. Il s’agit d’une startup d’infrastructure blockchain ayant des liens profonds avec les mégabanques japonaises. Un groupe de travail sera lancé en mai 2026, avec un rapport formel couvrant les questions juridiques, fiscales et opérationnelles attendu en octobre. Des projets individuels de validation de principe se dérouleront en parallèle, l’initiative complète visant un lancement en direct avant la fin de l’année.
Le groupe de travail se lit comme un who’s who de la finance japonaise et mondiale. MUFG, Mizuho Bank et Sumitomo Mitsui Banking Corporation, les trois mégabanques japonaises, sont toutes participantes. BlackRock Japan, Daiwa Securities, SBI Securities, State Street Trust Bank et Tokio Marine Holdings complètent le consortium. Ce poids institutionnel compte. Il ne s’agit pas d’une expérience exploratoire. Il s’agit d’une poussée coordonnée de l’industrie vers une infrastructure active.
La percée T+0 et pourquoi c’est important
La pièce maîtresse de l’initiative est de parvenir à un règlement T+0. Finalité le jour même, grâce à des transactions en chaîne. La norme japonaise actuelle est T+1, ce qui signifie que le règlement a lieu le jour ouvrable suivant l’exécution d’une transaction. La combinaison de JGB tokenisés avec des pièces stables réduit cette fenêtre à près de zéro.
Pour les observateurs de l’actualité de la Banque du Japon, l’aspect de la réglementation des capitaux est important. Les positions T+0 pouvant être ouvertes et fermées en une seule journée, elles n’apparaissent pas dans les bilans de fin de journée. Cette structure pourrait potentiellement exempter ces transactions des règles de suffisance des fonds propres. Il comporte des risques liés aux pondérations et aux ratios de levier qui limitent actuellement la manière dont les banques peuvent participer de manière agressive aux marchés des pensions.
Les emprunteurs bénéficient d’une liquidité intrajournalière efficace. Les prêteurs, y compris les non-résidents, bénéficient d’un nouveau véhicule d’investissement combinant une sécurité de niveau JGB et une accessibilité 24 heures sur 24.
Ce que cela signifie pour les investisseurs et les développeurs
Pour les investisseurs, la décision du Japon indique que les obligations d’État symboliques passent du stade de projets pilotes à celui d’infrastructures de marché. DTCC a déjà traité plus de 330 milliards de dollars de transactions tokenisées du Trésor sur le marché des pensions aux États-Unis et au Japon. Rejoignant cette tendance, il ouvre un segment de 1,6 billion de dollars aux rails de la blockchain. La plateforme Progmat de MUFG comme tissu conjonctif.
Pour les développeurs s’appuyant sur l’infrastructure institutionnelle de la blockchain, le groupe de travail du DCC représente un cadre ouvert. Le consortium organise explicitement les questions d’un point de vue juridique, comptable, fiscal, opérationnel et technologique. Il s’agit de créer un manuel de conformité auquel d’autres marchés feront probablement référence. Le Japon a historiquement progressé délibérément en matière d’innovation financière. Quand il bouge, il bouge avec conviction. La mise en chaîne du marché des pensions d’ici la fin de 2026 n’est pas un possible. Il s’agit d’un déploiement planifié.