Un rapport de la société de sécurité CertiK, publié le 8 mai 2026, prévient que l’Europe est devenue le principal foyer mondial des attaques dites à clé, qui sont des « agressions » physiques visant à prendre le contrôle des crypto-monnaies par la coercition. Entre janvier et avril de cette année, 34 incidents vérifiés ont été enregistrés dans le monde, dont 28 sur le territoire européen, soit 82 % du total.
L’étude, basée sur des cas confirmés et des sources publiques, souligne également une augmentation sur un an de 41% par rapport à la même période en 2025lorsque 24 incidents ont été enregistrés. Les pertes associées – y compris les vols réels, les rançons payées et les fonds récupérés ou gelés – atteignent environ 101 millions de dollars en seulement quatre mois, avec une projection qui situe l’année à environ 130 cas si la tendance se poursuit.
Répartition géographique montre un net déplacement du phénomène vers l’Europe. Alors que le continent accumule la majorité des attaques, d’autres régions enregistrent des baisses significatives : l’Asie passe de 25 à 2 incidents, l’Amérique du Nord de 9 à 3 et le Moyen-Orient de 2 à 1 dans la même période.
En Europe, La France s’impose comme le principal pôle de concentration. Le rapport fait état de 24 incidents dans le pays, contre 4 à la même période l’année dernière. Cette augmentation est liée à plusieurs facteurs structurels, notamment la forte présence d’entreprises dans le secteur des cryptomonnaies, la divulgation publique de chiffres pertinents et la circulation des données sensibles issues des fuites dans les organismes publics et privés.
En ce sens, le rapport mentionne des enquêtes en cours sur les abus du système fiscal en France, où les employés auraient accédé aux informations des contribuables pour extraire des données liées aux avoirs en crypto-monnaie. Ces données auraient ensuite été utilisées par des réseaux criminels pour identifier des cibles.
Les données divulguées sont la passerelle
L’analyse identifie également un changement dans la méthodologie des attaquants. Contrairement aux étapes précédentes, l’accès à des informations personnelles détaillées – telles que les adresses, les actifs ou l’activité financière – réduit le besoin d’une surveillance physique préalable. Cela a favorisé un modèle de « sélection basée sur les données », dans lequel Les victimes sont choisies à partir de bases de données divulguées ou acquises illégalement.
Un autre élément pertinent est le recours aux membres de la famille ou aux proches comme mécanisme de pression. Selon le rapport, plus de la moitié des cas en France concernent des menaces ou des agressions dirigées contre les milieux familiaux, notamment les conjoints, les enfants ou encore les parents âgés, ce qui amplifie l’impact psychologique et opérationnel sur les victimes.
Le document Il comprend également plusieurs cas représentatifs de la période. Parmi eux, l’enlèvement de la mère d’un journaliste aux États-Unis, avec une demande de rançon en bitcoin (BTC), et une attaque au cours de laquelle un développeur a été contraint de transférer environ 24 millions de dollars d’actifs numériques sous des menaces physiques. Le meurtre d’un homme d’affaires lié au secteur en Turquie est également documenté après un précédent conflit lié aux crypto-monnaies.
Dans l’ensemble, le rapport conclut que le risque au sein de l’écosystème a évolué d’un niveau purement technique à une dimension physique axée sur l’identité, comme le rapporte CriptoNoticias. À mesure que les mesures de sécurité des réseaux et des portefeuilles s’améliorent, le point faible est transféré à l’utilisateur et à son exposition personnelle.
À titre préventif, les experts en sécurité recommandent de réduire l’exposition publique des avoirs en cryptomonnaies, d’éviter la divulgation d’informations financières sur les réseaux sociaux ou lors d’événements, de segmenter le stockage des actifs et d’utiliser des systèmes de garde partagée ou des solutions institutionnelles lorsque cela est possible. Aussi L’importance de la discrétion numérique est soulignée et la minimisation des données personnelles accessibles en ligne, celles-ci étant devenues le principal vecteur de ciblage.