La société LayerZero Labs a annoncé le 28 avril 2026 qu’elle allouerait plus de 10 000 ether (ETH), soit l’équivalent d’environ 23,36 millions de dollars aux prix actuels, aux efforts de redressement menés par Aave, dans le cadre de l’initiative « DeFi United ».
Selon l’entreprise, la contribution sera divisée en trois lignes : un don de 5 000 ETH au fonds de sauvetage, 5 000 ETH supplémentaires destinés à renforcer la liquidité des marchés Aave et une stratégie supplémentaire pour accroître la liquidité du GHO, le stablecoin du protocole.
L’objectif principal est de contenir l’impact du hack Kelp DAO et de restaurer la stabilité de l’écosystème DeFi, dans un contexte où le déficit généré dépasse les 75 000 ETH.
Faire un don à DeFi United implique une contribution directe à un fonds coordonné entre plusieurs acteurs du secteur de la finance décentralisée (DeFi). Ce fonds cherche à reconstruire le support des actifs concernés, tels que le rsETH (liquid restauré ether).
De son côté, le dépôt de 5 000 ETH chez Aave vise à améliorer la liquidité du protocole. Cela signifie augmenter les fonds disponibles pour les prêts et les retraits, après que l’attaque a conduit à une utilisation à 100 % sur certains marchés, limitant l’accès des utilisateurs à leurs actifs.
La troisième mesure, liée au GHO, vise à renforcer la stabilité de cet actif. En augmentant sa liquidité, on tente de maintenir sa parité avec le dollar et de faciliter son utilisation au sein de l’écosystème.
Dans une première déclaration, LayerZero a noté que sa contribution faisait partie d’une « initiative de relance à l’échelle de l’industrie » et que les fonds seraient dirigés vers « la meilleure voie pour restaurer le support du rsETH ».
La société a également indiqué qu’elle se coordonnait avec d’autres acteurs clés tels que Aave, EtherFi, Ethena, Arbitrum et Kelp DAO pour définir une réponse commune. « Ils ont travaillé sans relâche pour garantir le meilleur résultat possible pour l’écosystème », a-t-il déclaré.
Le contexte de la contribution est une crise de confiance au sein du secteur DeFi après le piratage de Kelp DAO, survenu le 18 avril. Comme le rapporte CriptoNoticias, l’incident n’a pas exploité une faille dans les contrats intelligents, mais plutôt dans l’infrastructure de messagerie interchaîne utilisée par LayerZero.
En manipulant les nœuds de communication, les attaquants ont réussi à valider des transactions malveillantes et à générer des actifs non sauvegardés, qui ont ensuite été utilisés dans différents protocoles. L’impact le plus fort a été ressenti à Aave, où 292 millions de dollars en rsETH ont été utilisés comme garantie pour emprunter environ 236 millions de dollars en éther enveloppé (WETH).
Cette décision a conduit à une pleine utilisation des fonds disponibles sur certains marchés, limitant les retraits et soulevant des inquiétudes quant à la qualité des garanties et au risque de créances irrécouvrables.
Dans ce cadre, différents acteurs ont commencé à coordonner un fonds de sauvetage. EtherFi a promis 5 000 ETH, Lido a proposé de contribuer jusqu’à 2 500 stETH, tandis qu’Aave a proposé une contribution allant jusqu’à 25 000 ETH provenant de sa trésorerie. À cela s’ajoutent d’autres initiatives, comme les contributions de Golem et les lignes de crédit proposées par les réseaux de couche 2.
L’initiative « DeFi United » cherche à contenir un événement qui a mis en évidence un risque structurel dans le secteur : la forte interconnectivité entre les protocoles.
Cette réponse coordonnée de l’écosystème vise à éviter un effet domino. Cependant, l’épisode laisse un signal clair: Dans DeFi, le risque ne se limite pas aux contrats intelligents, mais réside également dans l’infrastructure qui connecte l’ensemble du système.