L’écosystème Bitcoin (BTC) et les actifs numériques ont cessé d’être un phénomène périphérique et sont devenus pleinement intégrés dans les structures fiscales de l’Amérique latine.
Selon un récent rapport technique présenté par le cabinet juridique ECIJA, La région traverse une phase de formalisation progressive. Le document indique que « la taxation des crypto-monnaies fait déjà partie structurelle des systèmes fiscaux » de la région et souligne que la tendance mondiale ne vise pas à créer de nouvelles taxes, mais plutôt à garantir que les cadres existants soient appliqués à l’environnement numérique décentralisé.
L’enquête a précisé que la classification juridique prédominante des monnaies numériques dans les pays hispanophones – à l’exception du Salvador avec le bitcoin jusqu’en janvier 2025 – est celle de bien incorporel ou d’actif incorporel, et n’a pas cours légal.
Cette distinction est fondamentale, puisque les opérations d’achat et d’échange génèrent immédiatement une plus ou moins-value imposable, même lorsque l’utilisateur ne convertit pas ses fonds en monnaie fiduciaire. « Ce qui génère des impacts fiscaux qui peuvent ne pas être intuitifs », indique le rapport.
Plus précisément, le rapport analyse les cas de l’Espagne, du Pérou, de la Colombie, de l’Équateur, du Chili, de l’Argentine, du Brésil, du Costa Rica, du Guatemala, d’El Salvador, de Porto Rico, de l’Uruguay et du Mexique.
L’étude a déterminé que les différences entre les pays ne résident pas tant dans l’existence ou non d’une fiscalité, mais dans le degré de clarté réglementaire, dans l’intensité des obligations formelles. et dans la capacité de contrôle de chaque administration fiscale.
“L’évolution réglementaire observée suggère que, dans les années à venir, l’accent sera mis sur la standardisation des critères, l’échange automatique d’informations et la consolidation des cadres réglementaires qui intègrent définitivement les actifs numériques dans le système fiscal mondial”, note la recherche.
Niveaux de maturité réglementaire et impact sur l’investisseur
La carte budgétaire dessinée par le rapport du cabinet espagnol montre une disparité importante dans la clarté des règles du jeu. Des pays comme l’Espagne, le Brésil, le Chili et l’Argentine sont en tête de la région avec des cadres réglementaires consolidés, selon les conclusions de l’ECIJA.
Le rapport souligne que « dans ces systèmes, il existe une plus grande prévisibilité en ce qui concerne la fiscalité des opérations complexes telles que le jalonnement ou l’exploitation minière ».
En revanche, des pays comme le Guatemala, le Pérou et l’Équateur présenter un développement réglementaire naissantoù la fiscalité dépend d’interprétations analogiques, ce qui augmente le risque fiscal pour les opérateurs du secteur. Selon l’ECIJA, « cette disparité génère différents niveaux de risque fiscal pour les contribuables et les opérateurs du secteur ».
L’un des points les plus importants de l’inspection est l’obtention de récompenses grâce à des protocoles. L’étude note que « les récompenses de mise sont souvent classées comme des rendements du capital ou des revenus ordinaires, en fonction du degré d’organisation et de la régularité ».
Cela montre que pour les autorités, “le caractère technologique de l’opération ne détermine pas en soi son traitement fiscal; le facteur déterminant est la structure juridique que chaque système fiscal projette sur elle”, souligne l’ECIJA dans ses recherches.
Malgré la profondeur de l’étude de l’ECIJA, l’omission du Venezuela est frappante. Le pays des Caraïbes possède l’une des premières réglementations techniques pour le imposition des crypto-monnaies les plus détaillées de la région.
La Fédération des comptables publics du Venezuela a établi la norme VEN-NIF 12 en 2020, qui dicte des règles strictes pour la comptabilité des actifs numériques en « possession propre ».
Ce cadre permet aux entités de refléter la véritable valeur marchande du bitcoin dans leurs bilans, fonctionner comme un mécanisme de protection du patrimoine contre la dévaluation de la monnaie locale. De plus, au Venezuela, la déclaration des crypto-monnaies est établie, plus précisément des revenus obtenus de la vente de bitcoins et d’autres actifs numériques, via l’impôt sur le revenu (ISLR), comme le rapporte CriptoNoticias.
Le rapport de l’ECIJA conclut que L’Ibéro-Amérique est dans une transition réglementaire irréversible. Le document termine en assurant que “le principal défi ne réside pas dans la création de nouveaux impôts, mais dans l’interprétation et l’application correctes des impôts existants, garantissant la sécurité juridique sans décourager l’innovation technologique”.